Comté marquisat de Namur
Des francs jusque l'avènement du premier comte de Namur Bérenger Ier...
 
Au Vème siècle les francs dominent tout le pays après la débâcle des romains. Cette dynastie, avec Clovis (481-511) comme principal représentant, s'étend aux anciennes limites de l'ancienne Gaule. Mais cette lignée ne peut empêcher la prise du pouvoir par une autre famille, la famille Carolingienne, dont Charlemagne (768-814) est le plus illustre représentant. Sous le règne de celui-ci Namur est un centre religieux, une place de commerce et un lieu fortifié.
 
Les premières traces du Christianisme apparaissent déjà dans la province vers l'an 500 : ce sont des verriers de la région mosane qui ont moulé un chrisme souvent très stylisé, dans le fond de petites coupes. Au VII et VIII ème siècle, des missionnaires irlandais et anglo-saxons auxquels se joignirent des évangélisateurs du pays, saint Remacle, saint Lambert, saint Hubert, répandirent la religion chrétienne sur les bords de la Sambre et de la Meuse à travers les monastères de Fosse, Celles, Moustier-sur-Sambre, Andenne ou encore Malonne.
 
A l'époque carolingienne, le Lomancensis formait un des quatre grand pagi (cantons) du diocèse de Liège, dont la fondation remonte sans doute au Vème siècle. Il comprenait l'Entre-Sambre-et-Meuse et, au nord de la Sambre, la région de Gembloux et de Nivelles. Au IX et Xème siècle, il apparaît comme une contrée de riches propriétaires fonciers ecclésiastiques et laïcs. Le pagus étant dirigé par un comte, le mot comté (comitatus) sera employé indifféremment avec pagus dès le IXème siècle et finira par se substituer à lui. En 863, le comte s'appelle Gislebert, il épouse une fille de l'Empereur Lothaire Ier.
 
Au Xème siècle, ce vaste comté connaîtra maints démembrements. Le domaine du comte, ainsi réduit, ne correspond plus du tout à l'ancien, c'est pourquoi on prendra l'habitude de le désigner du nom de la résidence comtale, Namur. C'est le début du règne des Comtes de Namur.
 
Le comté de Namur est une seigneurie de seconde importance, cernée de puissants voisins. Jusqu'au 12ème siècle, ces derniers convoitent sans relâche le territoire namurois. Le comté se voit obligé de céder la ville commerciale et industrielle de Dinant aux évêques de Liège. Sous Henri l'Aveugle (1139-1196), les comtés de Namur et de Luxembourg sont temporairement réunis. Lors de la dissolution de cette union, Namur perd La Roche et Durbuy. En outre, la région passe sous l'autorité d'une branche de la maison de Hainaut. En 1263, Gui de Dampierre, comte de Flandre, entre en possession du comté de Namur, qu'il offre à son fils cadet, Jean de Namur.
 
Namur est une seigneurie, dans le véritable sens du terme. Les possessions personnelles du comte sont fort étendues. Les centres urbains, les puissantes abbayes et la grande noblesse sont pratiquement absents, ce qui laisse au comte toute liberté pour exercer son autorité. Aucune charte constitutionnelle ou organisation représentative des États ne morcelle la puissance du comte de Namur.
 
 
 
 
 
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